Lise Billon
France - 38 ans.
Seconde femme à avoir reçu un Piolet d’Or en 2016 pour la première ascension du pilier nord-est du Cerro Riso Patron, un sommet particulièrement isolé et inhospitalier de Patagonie, Lise est guide de haute-montagne et encadre aussi l’équipe nationale d’alpinisme féminine de la FFME. Grimpeuse et voyageuse insatiable, sa curiosité et son amour de l’exploration l’ont emmené dans les massifs les plus reculés, de la Patagonie à l’Alaska en passant par le Karakoram.
En février 2024, en compagnie de Fanny Schmutz et de Maud Vanpoulle, elle a réalisé la première ascension entièrement féminine du Filo Sureste au Cerro Torre, le nouveau nom de la célèbre Voie du Compresseur depuis 2012, quand une grande parties des pitons à expansions furent enlevés.
Jordi Corominas
Espagne - 68 ans
Jordi est un guide certifié IFMGA de longue date qui vit à Benasque, sur le versant sud des Pyrénées. Né à Barcelone, il a passé sa jeunesse à grimper dans les Pyrénées et dans les montagnes de La Roija, où il a commencé à ouvrir de nouvelles voies. C'est à cette époque que l'escalade de couloirs et les premières ascensions hivernales se sont développées sur les sommets pyrénéens. Au début des années 1990, il décide de se consacrer pleinement à la montagne et devient guide professionnel.
Jordi a significativement contribué à de nombreux domaines de l'alpinisme, qu'il s'agisse de ses propres ascensions de haut-niveau dans un style irréprochable, telles que la deuxième ascension de la Magic Line (arête sud-sud-ouest) sur le K2 (8 611 m) en 2004, en partant seul d'environ 8 300 m et en descendant par l'Éperon des Abruzzes. À l'époque, la Magic Line était considérée comme la ligne la plus difficile techniquement du K2 et elle n’a pas été gravie depuis. Mais aussi grâce à sa longue carrière de guide professionnel (plus de 30 années dans les Alpes), de son rôle de directeur de l'équipe nationale espagnole d'alpinisme de 2002 à 2010, ou de la formation de nouveaux guides.
Son rôle le plus important a probablement été d'influencer cette transition entre deux générations d’alpinistes espagnols par sa vision de l'alpinisme: un style innovant, léger et en escalade libre. Il a reçu le Piolet Carrière en 2024.
Luka Lindič
Slovénie - 38 ans.
Déjà fasciné par la montagne lorsqu'il était enfant, le jeune Slovène s'est entraîné méticuleusement et systématiquement. Ses efforts furent pleinement reconnus pour la première fois en 2008, lorsque l'Association slovène d'alpinisme lui décerna le titre d’alpiniste le plus prometteur puis entre 2009 et 2016, trois fois celui d’alpiniste de l’année. Il reçut un Piolet d’Or en 2015 pour la première de la face nord du Hagshu ( 6 515 m) au Kishtwar avec ses compatriotes Aleš Česen et Marko Prezelj
De l’intégrale de Peuterey en solo et en moins de seize heures à l’arête nord-ouest du sommet nord du Gasherbrum IV (7 925 m) en style alpin (encore avec Aleš Cesen), en passant par la célèbre « trilogie alpine » des grandes voies en huitième degré (Silbergeier au Rätikon, Der Kaisers neue Kleider au Wilder Kaiser et End of Silence à Berchtesgaden), Luka fait preuve d’une incroyable polyvalence tant sur le rocher que sur la glace.
« Ces dernières années, j’ai pris conscience de la nécessité d’adopter une attitude plus responsable vis-à-vis de l’environnement et des problèmes actuels de notre société. Privilégier des projets de qualité et respectueux de l’environnement, et essayer de voyager moins sont désormais mes priorités. Je ne cesse d’être surpris par ce que recèlent les collines tout près de chez moi, dès lors qu’on ouvre les yeux. »
Young Hoon Oh
Corée du Sud - 48 ans.
Basé dans un pays « au passé colonial et dépourvu de montagnes glaciaires », Young Hoon cherche depuis longtemps des moyens de faire rayonner l'alpinisme pour tous et pour longtemps. Son approche légère et rapide en Himalaya, notamment lors de la première ascension de l'Amphu I (6 740 m, 2013), « est le résultat de nombreuses années d'escalade en Corée du Sud et ailleurs, tant de manière classique qu'innovante. Ce parcours singulier, qui l'a mené d'un pays vallonné aux grandes chaînes de montagnes, lui a permis de réfléchir au-delà des notions d'altitude et de difficulté, et d'identifier l'essence même de l'alpinisme afin d'envisager ses différentes voies pour l'avenir. En tant que membre fondateur du Korea Himalayan Fund, il fait partie d'un petit cercle d'alpinistes coréens qui recherchent des alternatives éco responsables, alors que les montagnes deviennent de plus en plus vulnérables et fragiles.
Paul Ramsden
Royaume-Uni - 57 ans.
Paul occupe une place à part dans l’histoire des Piolets d’Or, seul alpiniste à l’avoir reçu à cinq reprises : 2003, 2013 et 2016 avec Mick Fowler (les premiers récipiendaires britanniques), 2017 avec Nick Bullock (éperon nord du Nyanchen Tanglha Sud-Est, 7 046 m, au Tibet) et en 2023 avec Tim Miller (première ascension du Jugal Spire, 6 563m, au Népal). À chaque fois, ces ascensions furent réussies dans un pur style alpin très dépouillé et sur des sommets himalayens peu connus ni explorés.
Mais il n’est ni un grimpeur professionnel surentraîné, ni une star de l’alpinisme. Paul est juste un amateur passionné, père de famille et employé à plein temps (expert dans le domaine de l’exposition aux produits chimiques dans les entreprises) lorsqu’il ne s’évade pas en Himalaya sur ces montagnes inconnues et aux noms parfois imprononçables : ” J'aime les montagnes, c'est aussi simple que ça. Mais comme je ne vis ni ne travaille près d’elles, cela maintient mon enthousiasme quand je les visite… … Tout est une affaire de style. La vraie aventure, c’est de ne pas en connaître l’issue. Si le succès est incertain, alors vous vivez une aventure. ”
Enrico Rosso
Italia - 65 ans.
Éthique, légèreté et discrétion ont toujours été la signature d’Enrico. Il a tenté des ascensions techniques en style alpin à une époque où il était peu pratiqué. Ses objectifs ont toujours été aussi esthétiques que difficiles, par exemple la face nord-est du Shivling en 1986, et l'arête sud-ouest du Latok III en 1988. En 1989, il a atteint le sommet du Diamond Pillar à plus de 6 900 m en tentant une nouvelle voie sur le Pilier Sud du Nuptse. Et en 1994, il a gravi une voie en grande partie nouvelle sur le versant nord du Thalay Sagar jusqu'à deux cents mètres du sommet, toujours en style alpin. Enrico a aussi réalisé des premières ascensions aussi bien en Patagonie, au Pérou, en Bolivie que sur la face est des Grandes Jorasses.

