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Première ascension de la face nord-ouest de l'Aikache Chhok, dans le Batura Muztagh, par la voie « Secrets, Shepherds, Sex and Serendipity » (3 000 m, M7 A2+ AI5), du 12 au 20 octobre. Les alpinistes ont traversé la montagne, descendant par des portions encore vierges vers l'ouest puis vers le nord pour rejoindre le camp de base le 21.
En 2025, George Ponsonby (Irlande) et James Price (Royaume-Uni) faisaient partie du British Young Alpinist Group, qui clôturait un programme de trois ans par une expédition sur les plus hautes chaines montagneuses de la planète. Les membres du groupe avaient présenté leurs projets aux autres, et l’idée qui avait remporté le plus de suffrages avait été retenue. Sans enthousiasme, Price fit une présentation sur une vallée située au nord de la rivière Hunza qu’il n’avait jamais vue. À sa grande consternation, tout le monde apprécia l’idée et il fut désigné pour organiser l’expédition.
Début septembre, l’équipe atteignit un camp de base situé dans un pâturage de la vallée de Baltar, accessible mais rarement fréquentée par les alpinistes, puis passa les dix jours suivants, sous un temps généralement maussade, à rechercher un sommet approprié. Ils se portèrent finalement sur l’éperon proéminent qui fendait la face nord-ouest d’une montagne qu’ils pouvaient clairement apercevoir depuis le camp de base : l’Aikache Chhok. Ce sommet n’avait été gravi qu’une seule fois auparavant, en 1983, depuis un bassin glaciaire situé au sud. Ponsonby et Price se sont lancés à l’assaut de cet éperon le 12 octobre. Les mauvaises conditions météorologiques précédentes avaient limité leurs ascensions d’acclimatation à une altitude ne dépassant pas 4 500 mètres.
Les deux alpinistes ont atteint le sommet tôt au cours de leur huitième jour, après une ascension éprouvante et difficile sur glace et en terrain mixte. À la fin du quatrième jour, incapables de trouver un emplacement pour leur tente ni une voie au-delà du point le plus élevé atteint ce jour-là, ils ont été contraints de rebrousser chemin vers leur lieu de bivouac précédent et de retenter leur chance le lendemain matin : heureusement, ils ont découvert un meilleur itinéraire. Au cours de ces deux jours, ils ne gagnèrent que 250 mètres d’altitude.
Comme leur voie n’avait jamais constitué une option réaliste pour la descente, les deux alpinistes ont traversé le sommet et ont commencé à descendre en rappel le long d’un couloir exposé à l’ouest. Deux jours plus tard, après un bivouac à 5 000 mètres et une recherche d’itinéraire complexe, ils sont revenus sains et saufs au camp de base.
Le jury a reconnu cette ascension comme une expédition longue et extrêmement exigeante dans une partie peu connue du Karakoram, menée par deux jeunes alpinistes pleins d’enthousiasme. Le duo a fait preuve d’une grande persévérance sur une voie présentant une difficulté technique importante et n’offrant pratiquement aucune chance de secours. En raison du caractère exploratoire et de la complexité de la descente, l’aventure s’est poursuivie jusqu’au retour au camp de base.


